Le mot du proviseur

 

« Ai-je accompli quelque chose d’utile à la communauté ? J’en ai donc profité. Que cette vérité demeure toujours bien à ta portée, afin qu’elle frappe tes yeux sans cesse, et ne la perds jamais de vue. »

Marc-Aurèle

 

Il y a déjà bien longtemps un éditorial de la presse locale décrivait le lycée SCHUMAN de la façon suivante : « un lycée où il fait bon vivre ».

Pourtant, de l’extérieur la façade de son imposant bâtiment qui s’étend presque d’un bout à l’autre du quai des pêcheurs, peut impressionner et faire craindre que l’on se sente un peu perdu, écrasé par le poids d’un lycée qui accueille plus de 1550 élèves et étudiants.

Or, contre toute attente le visiteur, les nouveaux élèves et personnels accueillis éprouvent à leur grande surprise un sentiment d’appartenance et d’identification au lycée presque immédiat qui se renforce avec le temps.

Comment expliquer que le lycée Schuman malgré l’importance de ses effectifs et de ses personnels conserve l’image d’un établissement à dimension humaine ?

Probablement parce que l’humain demeure au cœur de son fonctionnement et qu’il s’est construit au travers de rapports qualifiés d’« humains » difficiles à définir en tant que tels et pourtant facilement reconnaissables pour tout un chacun dans les actes quotidiens de la vie.

Pour mieux le comprendre, il suffit simplement d’avancer que chaque personne qui se met au service de l’homme et non d’un système en général, à plus forte raison  « éducatif » est créatrice de rapports humains.

Très concrètement, cela se traduit pour les élèves et les personnels par « le lycée Schuman vous souhaite une bonne journée » affiché sur les panneaux lumineux d’accueil chaque matin, et qui loin d’un slogan creux et racoleur, n’a pas besoin de convaincre puisque ce mot de bienvenue est déjà dans tous les esprits.

Cela s’exprime encore plus, en salle des personnels où professeurs, agents, administratifs se détendent, se respectent, échangent et font plus que se côtoyer, ou au foyer des élèves auto géré  dans le respect des mêmes principes qui habitent les adultes.

Mais surtout cela se vit au sein de la salle de cours, lieu privilégié où la transmission des savoirs réunit l’enseignant et l’enseigné dans une atmosphère de travail positive, vivifiée par l’innovation, apaisée par la bienveillance qu’on ne doit pas confondre avec la complaisance.

Pour conclure, ce traditionnel « mot du proviseur » n’est pas, on l’aura compris, la marque que veut imprimer le nouveau chef d’établissement au moment de sa prise de fonction, mais d’abord le rappel nécessaire d’une culture d’établissement construite patiemment par les générations qui se sont succédé ici personnels, élèves, partenaires extérieurs.

Un patrimoine aussi précieux, si le recevoir apporte il est vrai quelque fierté, fait aussi de chaque membre de la communauté scolaire et du nouvel arrivant le gardien vigilant de cet héritage collectif. Cette condition étant remplie le lycée SCHUMAN continuera à s’imposer comme une « belle et grande maison » 

Le proviseur