Insertion du Lycée Robert SCHUMAN dans le PASS 67

Projet spécifique d’accueil et d’intégration des sourds en scolarité ordinaire, de la Seconde au BTS, et de contribution à l’insertion professionnelle ultérieure via le dispositif de Formation Continue.

 

Etapes antérieures, recensement des besoins et mise en place du projet : 2010-2012

Depuis 2010 le Lycée Schuman accueille des élèves sourds en très petit nombre mais avec la volonté de mettre sur pied des dispositifs durables de prise en charge de ce handicap spécifique, dans la mesure où c’est un des handicaps les plus difficiles à intégrer en situation scolaire ordinaire.

Dans ce contexte l’accueil est réalisé en partenariat avec les établissements spécialisés (JACOUTOT, BRUCKHOF) et bien entendu suivi avec le Professeur référent pour le Handicap (référent Nord67).

Depuis 2011 l’expérimentation est suivie par le Conseiller ASH Mr MOLINES, et fait l’objet de réunions régulières de travail dans le cadre du projet de PASS 67 avec tous les partenaires.

 

Projet Pédagogique

Accueil et prise en compte des difficultés spécifiques à la surdité, pour permettre la réussite scolaire mais aussi l’adaptation aux situations ultérieures de formation puis d’insertion professionnelle 

Objectifs poursuivis :

- L’optimisation de la situation de perception des cours, pour que l’enseignement reçu soit « équitable » et surtout efficace.

- Le recours à des dispositifs écrits pour suppléer aux « mal entendus », qui restent hélas inévitables dans le contexte de scolarisation ordinaire.

- L’accueil des intervenantsspécialisés (en particulier codeurs en LPC, pour assister la lecture labiale des sourds oralisés, mais aussi à terme traducteurs en LSF), et des enseignants spécialisés qui assurent les dispositifs de soutien (locaux, facilités matérielles et documentaires)

- La veille technologique pour profiter de tous les avantages émergeant progressivement pour les sourds parl’utilisation du numérique (espace dédié multimédia en cours).

- La formation progressiveet méthodique aux logiques des environnements numériques de travail,(ou progiciels de Gestion par exemple) susceptibles de mettre le sourd en situation équitable d’accès à l’information, de communication et de travail collaboratif à distance (recours à l’écrit, fonctionnalités de sous titrage, communication instantanée etc. 

- A terme le respect en milieu scolaire ordinaire du libre choix des familles pour la scolarisation en LSF, oral appuyé par LPC ou oral simple.

- A cette fin,  introduire et développer la LSF en LV3 dans un établissement qui propose la voie Technologique ST2S(Médico-Social).

 

Dispositifs mis en œuvre

1- Dispositif permanent d’accueil et de prise en charge

(Mis en œuvre  dès connaissance du handicap, piloté par le Chef d’établissement et Adjoints)

- Généralement signalisation des casau passage en Seconde ou à l’entrée en BTS : par communicationlors des rencontres des professeurs principaux 3ème/Seconde, ou bien par les chefs d’établissement, ou encore prise de contact directe par les familles elles-mêmes.

- Sensibilisation systématique des enseignants, à chaque Rentrée Scolaire, en particulier stagiaires et nouveaux enseignants : qu’est-ce que la surdité, comment accueillir et intégrer un élève sourd, quels moyens pédagogiques pour l’aider à suivre pleinement le cours

- Interventions de personnels habilités pourexpliquer ce handicap aux élèves, en particulier dans les classes concernées, afin de faciliter l’intégration et favoriser les conditions de silence en cours indispensables pour que les jeunes sourds puissent entendre (entre autres)

- Accueil des familles et mise en place de protocoles d’accueil et d’intégration individuels prenant en compte la nature exacte du déficit, les besoins, le suivi assuré par les centres spécialisés, la coordination des actions pédagogiques par le Professeur Principal et le CPE responsable de la Classe, le projet d’orientation. Le dispositif est validé en réunion d’intégration avec le Référent Handicap. 

- Facilitation matérielle, pédagogique et technologique pour tous dispositifs d’aide ou de soutien : mise à disposition de ressources adaptées, locaux pour les intervenants spécialisés, mise en place d’échanges avec les enseignants et la vie scolaire  

 Conclusion : Souhait de mieux faire connaître le dispositif au niveau départemental, car il n’est pas fréquent au niveau du Lycée, ce handicap étant très sous-estimé et souvent tu par les intéressés eux-mêmes ou les familles.

 

2- Pédagogie de la surdité en milieu scolaire ordinaire

 - Constituer un pôle pédagogique de référence reconnu, suivi et évalué par les partenaires institutionnels : établissements spécialisés, Inspection Pédagogique Régionale, Inspection ASH.

- Analyser et optimiser la scolarisation des sourds à la phase cruciale des poursuites d’étude du Second cycle + post Bac (BTS) : il s’agit en effet du moment où les centres d’enseignement spécialisé ne peuvent plus subvenir à la diversification des cursus, et où l’enseignement ordinaire peine à concilier l’accélération du rythme des cours et l’adaptation aux spécificités du handicap auditif.

- Assurer la sensibilisation des autres structures d’enseignement ordinaire, en particulier en amont les Collèges et en aval l’Université, pour la reconnaissance et la prise en charge de ce handicap, en contribuant à y faciliter l’insertion des jeunes sourds :

  • Scolarité proposée en BTS au Lycée et partenariat avec l’Université pour y faciliter l’insertion d’étudiants sourds, avec prise en compte des difficultés de communication spécifiques.
  • Projet de Consortium LEA Anglais- LSF (avec Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand) dont l’enseignement en Sciences Economiques serait assurée à distance et avec facilités d’accessibilité par l’équipe de BTS du Lycée SCHUMAN.
  • Promotion des dispositifs de type FOAD qui s’avèrent performants pour constituer à la fois des bases de communication et d’information et des systèmes de travail collaboratif à équité avec les non sourds, y compris pour faciliter l’intégration professionnelle (adaptation du poste de travail).

 

3- La LSF instrument de meilleure compréhension de la surdité et atout de formation

- La LSF entre dans le domaine de la loi sur le handicap et elle donne une plus grandevisibilité à la surdité dans la mesure où elle montrel’extrémité de ce handicap par rapport à la communication, c’est pourquoi il est nécessaire de la proposer dans un établissement qui se veut ouvert à handicap spécifique, même si les sourds accueillis ne le sont pas (ou pas tous) en LSF.

- La LSF en LV3 est destinée aux non pratiquants qu’ils soient ou non sourds : elle facilite donc l’intégration mais surtout elle ouvre un regard différent sur une pratique communeà caractère culturel affirmé (rapprochement avec Art dramatique, option existant au Lycée SCHUMAN).

- La LSF est un atout de formation pour le médico-social : il peut ainsi concerner tant la vocation scientifique (études médicales, par ex) que la vocation humaniste (comprendre l’autre) et la vocation technologique (ST2S en particulier).

- Il faut noter que c’est la dernière occasion en cours de scolarité de s’ouvrir à une troisième langue vivante et la seule occasion proposée pour la LSF.

- L’ouverture du monde professionnel au handicap est également à prendre en compte pour le développement de la LSF, y compris au sens de pratiquants non sourds qui seront appelés à des fonctions de traduction, d’intermédiaire et de médiation.

- La fonction « médiateur » prévue au profil de poste d’enseignant de LSF pourrait également bénéficier d’une implantation du poste sur un EPLE de second cycle,qui jouit d’une  réputation de bon niveau et de bon climat, et qui réunit beaucoup d’avantages : l’initiative en faveur des sourds et la volonté de les promouvoir, les fonctionnalités d’accueil (internat d’excellence) et la présence de sections à caractère médico-social.

 

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